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Aux bâtiments Vauban, l’art est en train de prendre ses quartiers 

  • il y a 18 heures
  • 7 min de lecture

Un nouveau souffle artistique dans le quartier Vauban



Depuis quelque temps, impossible de passer dans le quartier sans jeter un œil curieux derrière les barrières du chantier. Des briques réapparaissent, des ouvertures se dessinent, les bâtiments se réveillent doucement… et les voisins commencent forcément à se demander : “Mais qu’est-ce qui se prépare ici ?” 


Bonne nouvelle : nous sommes allés voir sur place avec Didier Stein lui-même. Et autant le dire tout de suite : le projet ne manque ni d’ambition… ni de personnalité. 


Nous connaissons tous le « Point de rencontre : le rêve » de Sarkis (1993) largement photographié par nombre de touristes, depuis guère de changement dans notre quartier.  

Centrons-nous aujourd’hui de l’autre côté du mur, car il suffit de passer devant les anciens bâtiments Vauban pour remarquer que quelque chose est en train de changer. Derrière les échafaudages, les ouvertures en cours de restauration et l’agitation du chantier, un projet artistique ambitieux commence doucement à prendre forme.  

À l’initiative de cette transformation : Didier Stein, artiste bien connu des Sélestadiens, notamment pour le Vase aux sept dahlias installés à l’entrée de la ville et pour le lieu culturel de La Poudrière

Depuis les hauteurs du site, quelques trouées dans les arbres offrent des perspectives inattendues et l’ancrage certain de ce lieu avec la ville
Depuis les hauteurs du site, quelques trouées dans les arbres offrent des perspectives inattendues et l’ancrage certain de ce lieu avec la ville

 

Lors de notre visite des bâtiments en rénovation, nous avons découvert bien plus qu’un simple chantier : un projet profondément attaché à l’histoire des lieux, à la création artistique… et à la vie du quartier. 


Un lieu chargé d’histoire 


Avant même de parler d’art, Didier Stein parle du bâtiment. Et cela n’a rien d’un hasard. Didier Stein a souhaité comprendre l'histoire des lieux. Pour cela, il s'est entouré d'historiens et de passionnés du patrimoine local qui l'ont aidé à retracer l'évolution du site et à identifier plusieurs éléments remarquables qu'il entend aujourd'hui préserver. 


Très attaché au patrimoine local, il explique avoir longuement cherché un lieu « avec une âme », capable d’accueillir de grands projets artistiques tout en conservant son identité.  


Entre verdure et briques anciennes, les futurs ateliers Vauban commencent déjà à trouver leur place dans le paysage du quartier. 
Entre verdure et briques anciennes, les futurs ateliers Vauban commencent déjà à trouver leur place dans le paysage du quartier. 

Les anciens bâtiments Vauban l’ont immédiatement marqué : 

  • leurs volumes,  

  • leurs briques anciennes,  

  • leur histoire liée aux remparts,  

  • et cette impression de traverser plusieurs siècles en franchissant les portes.  


Au fil de la visite, les détails racontent encore le passé : anciens murs militaires, rampe d’artillerie, traces agricoles, structures de caserne… 

Parmi les éléments que Didier Stein pointe le chemin qui longe les bâtiments et rejoint les remparts. À première vue, il pourrait passer inaperçu. Tout habitant du quartier l’a emprunté si ce n’est quotidiennement pour monter aux remparts.  Pourtant, selon les recherches historiques menées autour du site, il s'agirait du dernier accès conservé permettant autrefois de monter hommes, matériel et pièces d'artillerie vers les fortifications. 


Lorsque Sélestat était encore une ville fortifiée, ce passage constituait un lien stratégique entre la ville et ses défenses. Les canons empruntaient cette rampe pour rejoindre les remparts, bien avant que le quartier ne prenne son visage actuel. 


Les anciennes façades de briques retrouvent progressivement leur éclat après des années passées derrière le temps… et parfois la végétation, le squattage, les tags et les détritus. On devine l’énormité du travail déjà accompli. 
Les anciennes façades de briques retrouvent progressivement leur éclat après des années passées derrière le temps… et parfois la végétation, le squattage, les tags et les détritus. On devine l’énormité du travail déjà accompli. 

Aujourd'hui encore, en suivant ce chemin bordé de végétation, il n'est pas difficile d'imaginer les allées et venues d'une autre époque. Pour Didier Stein, conserver cet accès est une évidence : il fait partie de l'âme du lieu. Au-delà des bâtiments eux-mêmes, c'est toute une mémoire du quartier qui subsiste ici, discrètement nichée entre les briques anciennes et les arbres des remparts. 


« Beaucoup de choses ont disparu au fil des siècles. Ce chemin, lui, est toujours là. C'est un morceau d'histoire que l'on peut encore parcourir à pied. » 


Car avant l'urbanisation du secteur, cet espace était essentiellement constitué de pâturage. À proximité des remparts se trouvaient notamment les écuries royales de la garnison militaire cantonné à Sélestat sous la royauté française, bien avant que les bâtiments actuels ne soient construits. Une histoire rurale et militaire souvent méconnue, que Didier Stein aime rappeler pour mieux comprendre l'identité particulière de ce lieu. 

Le projet prévoit d’ailleurs de conserver au maximum l’esprit du site, notamment les briques apparentes et certaines ouvertures historiques. 

 

Un chantier… mais déjà une vision 


Aujourd’hui, les lieux sont encore en pleine transformation : gravats, poutres, ouvertures à refaire, nettoyage des murs, reprises de charpente… mais derrière ce décor brut, Didier Stein voit déjà plus loin. 


Visite guidée version chantier : Pendant la visite, Didier Stein partage avec enthousiasme sa vision du futur espace… même si certains escaliers demandent encore un peu de confiance ! 
Visite guidée version chantier : Pendant la visite, Didier Stein partage avec enthousiasme sa vision du futur espace… même si certains escaliers demandent encore un peu de confiance ! 

Son idée : faire de cet espace un lieu vivant consacré à la création. 


On y trouvera : 

  • des ateliers d’artistes,  

  • des espaces de travail,  

  • des lieux d’exposition,  

  • du stockage pour de grandes œuvres,  

  • mais surtout un espace de rencontres et de synergies artistiques. 



Sous les charpentes du temps : Les combles impressionnent par leurs volumes et leur structure en bois parfaitement conservée.
Sous les charpentes du temps : Les combles impressionnent par leurs volumes et leur structure en bois parfaitement conservée.

Un chantier XXL (et quelques litres de café) 


Soyons honnêtes, le chantier est colossal : toitures, ouvertures, maçonnerie, charpente, assainissement, sols, réseaux… À plusieurs moments pendant la visite, on se demande si les murs tiennent grâce aux briques… ou grâce à la motivation de Didier Stein. Mais justement, c’est aussi ce qui rend le projet passionnant : on sent une vraie envie de redonner vie à cet endroit. 


L’objectif affiché est de faire avancer les travaux progressivement pour une mise en route avant la fin de l’année prochaine. Autrement dit, le quartier Vauban n’a pas fini de voir évoluer le site. L’artiste souhaite aussi ouvrir le site à d’autres créateurs : sculpteurs, peintres, plasticiens, photographes… L’objectif n’est pas seulement de travailler ici, mais de créer un véritable lieu d’échanges. 


La beauté des détails : Les façades rénovées révèlent peu à peu le caractère architectural des anciens bâtiments Vauban. 
La beauté des détails : Les façades rénovées révèlent peu à peu le caractère architectural des anciens bâtiments Vauban. 

Un projet ouvert sur le quartier 

Un graffiti bien local : Notre Banksy sélestadien et voisin direct, Jean Risacher, n’a pu résister à y laisser son empreinte 
Un graffiti bien local : Notre Banksy sélestadien et voisin direct, Jean Risacher, n’a pu résister à y laisser son empreinte 

Au cours de l’entretien, un point revient souvent : le lien avec les habitants. 


Didier Stein insiste sur l’importance de faire vivre le lieu avec le quartier et non à côté du quartier. Des journées portes ouvertes, des week-ends d’ateliers d’artistes ou des événements ponctuels pourraient voir le jour lorsque les bâtiments seront prêts.  


L’idée est simple : faire découvrir les lieux, partager les créations, permettre aux habitants d’entrer et de s’approprier progressivement cet espace chargé d’histoire. 


Un futur jardin d’artistes ? Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’ici prendront place demain ateliers, espaces de vie et créations artistiques. Et pourtant… Cette vaste cour accueillera demain ateliers, circulation des œuvres et peut-être quelques moments conviviaux entre artistes et habitants dans certaines occasions. Didier Stein en point d'orgue, suspendu un temps, envisage la suite...
Un futur jardin d’artistes ? Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’ici prendront place demain ateliers, espaces de vie et créations artistiques. Et pourtant… Cette vaste cour accueillera demain ateliers, circulation des œuvres et peut-être quelques moments conviviaux entre artistes et habitants dans certaines occasions. Didier Stein en point d'orgue, suspendu un temps, envisage la suite...

Et il faut dire que le cadre s’y prête : entre les remparts, la proximité du centre-ville et l’ambiance particulière du secteur Vauban, le lieu possède déjà une atmosphère singulière. 


Une aventure profondément humaine 

Ce qui marque aussi pendant la visite, c’est la sincérité du projet. 


Didier Stein parle volontiers de son parcours atypique : ancien entrepreneur, passionné de sport, puis artiste venu progressivement à la mosaïque et à la création contemporaine.  

On sent surtout chez lui une envie forte de construire quelque chose de durable, utile et vivant. 


Il évoque aussi les difficultés du monde artistique, l’énergie nécessaire pour faire exister des lieux culturels indépendants et le besoin de créer des espaces de partage accessibles au plus grand nombre.  


Le chantier commence à respirer : Les premières ouvertures et nettoyages changent déjà complètement l’atmosphère des bâtiments. Dans ces anciens espaces techniques prendront place bureaux, ateliers et zones de création artistique. Au milieu des poutres, des murs bruts et des outils, Didier Stein imagine déjà les futurs aménagements.
Le chantier commence à respirer : Les premières ouvertures et nettoyages changent déjà complètement l’atmosphère des bâtiments. Dans ces anciens espaces techniques prendront place bureaux, ateliers et zones de création artistique. Au milieu des poutres, des murs bruts et des outils, Didier Stein imagine déjà les futurs aménagements.

Et tout cela, en préservant l’esprit Vauban 


Quelques pas encore et ce qui frappe aussi, c’est le respect du lieu. Pas question ici de transformer les bâtiments en cube blanc ultra-moderne sans âme. Au contraire : Didier Stein souhaite conserver tout ce qui fait le charme du site : 


  • les briques anciennes, 

  • les perspectives vers les remparts, 

  • l’ambiance végétale, 

  • et même certaines traces du passé. 


Les remparts Vauban resteront visibles depuis la propriété et les espaces verts seront conservés autant que possible. 


Bon… il y aura quand même un grillage. Pas pour transformer le quartier en forteresse médiévale, mais simplement pour éviter le retour des squats, dépôts sauvages et autres visiteurs nocturnes un peu trop créatifs. 


Vu depuis la rue, le chantier laisse déjà entrevoir le potentiel du lieu et son intégration naturelle dans le quartier le long de cette fameuse rampe à canon
Vu depuis la rue, le chantier laisse déjà entrevoir le potentiel du lieu et son intégration naturelle dans le quartier le long de cette fameuse rampe à canon

Un lieu à suivre de près 


Le chantier demandera encore du temps, mais une chose est certaine : les anciens bâtiments Vauban entrent dans une nouvelle histoire. 


Entre patrimoine, création contemporaine et volonté d’ouverture, ce futur espace artistique pourrait devenir un nouveau lieu de vie culturelle dans notre quartier. 


Jeux d’ombres et de patrimoine : comme un décor de cinéma.

Un lieu pour créer… mais aussi pour vivre 


Le futur projet sera multiple : atelier d’artiste, espace créatif, lieu de rencontres, bureaux professionnels… mais aussi futur lieu d’habitation. 


Oui, Didier Stein prévoit aussi d’y vivre. Autrement dit : il ne vient pas simplement “occuper un bâtiment”. Il vient véritablement s’installer dans le quartier. 


Son entreprise d’import-export y trouvera également ses bureaux, avec cette idée de mélanger vie quotidienne, création artistique et activité professionnelle dans un même lieu vivant. Un concept qu’on pourrait résumer ainsi : “métro-boulot-mosaïque”. 


Une fenêtre sur l’histoire : Depuis l’étage, les ouvertures laissent apparaître les bâtiments voisins et rappellent l’empreinte de de la période du Reichsland Elsaß-Lothringen "Kaiserliches Eichungsamt" (Service impérial de contrôle des poids et mesures), cliquer sur l’image pour a vidéo. Plus de détails sur ce bâtiment dans cet article des DNA.   
Une fenêtre sur l’histoire : Depuis l’étage, les ouvertures laissent apparaître les bâtiments voisins et rappellent l’empreinte de de la période du Reichsland Elsaß-Lothringen "Kaiserliches Eichungsamt" (Service impérial de contrôle des poids et mesures), cliquer sur l’image pour a vidéo. Plus de détails sur ce bâtiment dans cet article des DNA.   

Une belle aventure pour le quartier 


Au-delà du chantier, ce projet raconte aussi quelque chose d’encourageant : des bâtiments historiques qui retrouvent une utilité, un artiste local qui investit dans le quartier, et un nouvel espace culturel qui pourrait devenir un vrai lieu de vie. 


Alors oui, il reste encore beaucoup de travaux. Oui, il y aura probablement encore quelques gravats pendant un moment. Mais derrière la poussière et les échafaudages, une belle aventure semble bel et bien commencer. Et dans le quartier Vauban, on est désormais nombreux à avoir envie de voir la suite. 


Et en quittant les lieux, au milieu des briques anciennes, des poutres et des esquisses de demain, une impression demeure : celle d’assister aux premiers pas d’un projet rare, profondément ancré à Sélestat et dans son quartier Vauban. 

*Nos remerciements à Didier Stein pour son accueil, sa disponibilité et le temps qu'il nous a consacré lors de cette visite. Sa passion pour le patrimoine, son attachement à l'histoire des lieux et son enthousiasme à partager sa vision nous ont permis de découvrir bien plus qu'un chantier : un projet de vie, de création et de transmission qui contribuera à écrire une nouvelle page de l'histoire du quartier Vauban. Nous lui souhaitons pleine réussite dans cette belle aventure.

 
 
 

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A l'attention de "Association des Riverains du Quartier Vauban"
au 
« Domaine des Remparts »,
9 Boulevard Vauban
67600 Sélestat

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